Farfadets

Dresser le portrait de ces lutins facétieux n’est pas chose aisée car on les retrouve de-ci de-là en nos contrées européennes sous des noms divers et des apparences quelque peu changeantes. Si l’on s’attache au nom, nos pas nous mènent en Provence où le mot fadet provient du latin fatum et désigne les fées (fades). On n’est pas loin non plus du mot fada qui signifie «un peu fou» et qui caractérise bien le comportement des farfadets. Un comportement qui permet de les reconnaître et qui s’avère le plus souvent difficile à suivre dans une logique quelconque. Tantôt ils se révèleront d’ignobles gredins en pénétrant de nuit dans les fermes isolées, renversant pots et chaudrons, faisant tourner le lait ou encore enduisant les marches d’escalier de beurre frais. Tantôt ces esprits follets se transformeront en aide précieuse pour les gens de ferme. Ils rangeront la vaisselle, prendront soin des animaux ou encore faucheront les champs. Mais prenez garde à ne les récompenser que d’un bol de crème assorti d’un gâteau de miel car leur en offrir de trop les offenserait et les forcerait à quitter de suite votre maison !

Les farfadets mesurent moins de cinquante centimètres, ont la peau ridée et foncée, sont de corpulence mince et sont revêtus de quelques haillons quand ils ne courent pas en tenue d’Adam. Ils se complaisent dans les champs de lavande de Provence, on en rencontre également beaucoup en Vendée et certains de leurs cousins vivent plus au Nord, en Irlande ou en Ecosse. Sur le sujet, Brian Froud et Terry Jones ont conçu un ouvrage des plus plaisants appelé La Bible des Gnomes et des Farfadets tandis que la petite Fadette, un peu sorcière, est l’héroïne du roman éponyme de Georges Sand. Fadette étant un prénom signifiant «petite fée».  A noter que si la fadette est jolie, le fadet correspond moins aux normes de la beauté humaine et les farfadets ne se rencontrent d’ailleurs que sous la forme mâle. Voilà donc une créature bien changeante et difficile à cerner qui représente bien le Petit Peuple dans sa nature à la fois joviale et lunatique.

Sur ce, nous vous laissons en compagnie des fadets, follets, fradets, frérots, folatons, foulets, ferrés, bouquins, caraquins et perchevins !

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À propos de Richard Ely

Né en 1974, Richard Ely a passé toute son enfance à Ellezelles, village sorcier de Belgique. Très tôt attiré par les mondes de l’étrange, il étudie à l’université les vampires et l’Imaginaire urbain. Il publie alors quelques nouvelles et poèmes en France, en Belgique et au Québec. Il crée ensuite des festivals, salons, expositions et plusieurs revues dont une l’accompagnera dans une belle aventure en kiosque. Tout au long de son chemin bordé de féerie, il croisera la route de trois sorciers qui façonneront son regard sur le monde et marqueront sa vie: Thomas Owen, Pierre Dubois et Claude Seignolle. En 2007, il publie son premier livre sur le monde des fées.. Depuis, il écrit poèmes, contes pour enfants et livres, dont le Grand Livre des Esprits de la Nature (Véga, 2013), tout en vivant la féerie au quotidien en tant que journaliste spécialisé sur le blog http:www.peuple-feerique.com ou dans des balades-nature alliant ses deux passions.

Publié le 13 octobre 2011, dans Esprits de la Maison, Fées & lutins, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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